7 ans en cabinet d’avocats puis 8 comme juriste d’entreprise en France, et une proposition familiale vient aiguiser mon appétit de découvertes et de changement.

Une double opportunité s’offre à nous : professionnelle pour mon mari, linguistique pour nos enfants et nous voilà décidés à partir à Londres !

Pour ma part, je démissionne de mon poste de Directrice Juridique résolution difficile mais que je ne regrette pas. Cette aventure londonienne a en effet été l’une de mes plus belles expériences (avec le Canada, 15 ans plus tôt) et surtout la plus enrichissante pour la famille.

Voici les 5 étapes que j’ai franchies et dont finalement je suis assez fière.

1. Les doutes

Une vague, une déferlante après les premières semaines d’euphorie et de découverte de la City. Arriver dans un pays étranger (si proche soit-il) sans repères, sans famille, ni amis, ni réseau professionnel, est incontestablement difficile. Et y faire sa place rapidement encore plus.

Je venais d’avoir 40 ans et j’avais toujours travaillé et gardé mon indépendance en France. L’idée de me retrouver « femme d’expatrié » (sans le confortable statut) me terrifiait. La perspective de ne pas occuper mes journées à travailler était inconcevable.

Néanmoins, je savais qu’il était prématuré de chercher un poste de juriste alors que mes enfants avaient besoin d’aide quotidienne dans l’apprentissage de la langue et leur adaptation à l’école anglaise. J’ai donc mis mes recherches en attente quelques mois, le temps que toute la famille trouve ses marques. 

Cette période a été bénéfique mais également révélatrice de nombreux doutes sur mes capacités à trouver un emploi en Angleterre.  S’il est exact que la Grande-Bretagne est un pays très ouvert, Londres une ville pleine de ressources et de perspectives, il n’en demeure pas moins que les postes de « juriste senior » en droit français n’y sont pas légion; surtout pour qui  n’est pas inscrit comme Solicitor .Or, j’avais quitté le barreau de Paris depuis trop longtemps et ne pouvais pas prétendre à une équivalence de diplôme.

Lentement mais sûrement, les doutes s’installent donc, le manque de confiance en moi également il me faut trouver un remontant pour aller de l’avant et me remotiver.

2. Petite victoire 

Peu à peu les enfants se passent volontiers de moi en sortant de l’école, ils sont de plus en plus à l’aise en classe, je vais donc pouvoir en profiter pour découvrir Londres à pied, tous les jours, avec visites culturelles et quelques découvertes gastronomiques ! 

Mais à présent que toute la famille semble installée dans sa routine, quel est mon quotidien sur un plan professionnel et intellectuel ?…

3. Solitude 

Les mois passent ; je commence à travailler sur des projets comme consultante et à fournir des conseils juridiques pro bono, rien de très palpitant. Et bien avant le Covid-19 et le télétravail obligatoire, travailler seule chez moi toute la journée me pèse. Je ressens un besoin de nouer des relations sociales, de rencontrer des pairs, d’échanger sur des sujets d’actualité juridique, d’apprendre, d’être stimulée intellectuellement et autrement que par l’écrit.

Je prends vite conscience qu’il me faut créer mon propre réseau local. Mais un réseau se tisse au fil du temps et le temps presse :je n’ai pas des années devant moi. Je dois accélérer le processus et attiser les occasions.

4. Réseautage et plan d’action 

Je commence par le plus facile : le cercle des Français et francophones avant de m’aventurer dans celui des Londoniens. Ainsi je contacte assez naturellement en premier lieu une coach spécialisée qui m’a accompagnera dans mes réflexions et mes recherches, puis, la Chambre de commerce et de l’industrie française à Londres, une Association qui aide à l’insertion professionnelle des expatriés, l’Association de Juristes Français à l’étranger (AFJE) etc.

Petit à petit, je participe à des évènements, séminaires, conférences, des dîners où je rencontre de nouvelles personnes issues de divers horizons.

Je redeviens moi-même, active et déterminée. Bien entendu je mets à jour mon C.V. l’adapte aux pratiques locales, créé des cartes de visite et contacte 4 ou 5 chasseurs de tête spécialisés dans le domaine juridique. Je me fréquente les salons de l’emploi, bref, j’essaie de créer toutes sortes d’occasions favorables.

5. Bingo !

En parallèle, j’actualise mon profil LinkedIn et commence à chercher des annonces ciblées.

Au final, la pugnacité a payé une annonce avait particulièrement retenue mon attention, elle semblait avoir été écrite sur mesure pour moi. J’ai tout de suite postulé, obtenu un premier entretien téléphonique avec les ressources humaines, puis un 2ème et un 3ème avec le Directeur Juridique.  Tout s’est enchaîné très vite et en 15 jours, je signais mon premier contrat de travail anglais dans une société de banques d’images dont le siège européen se trouve à Londres.

Je me souviens ce jour-là avoir hurlé et dansé de joie dans l’appartement sous le regard suspicieux de ma fille de 8 ans qui se demandait ce qu’il y avait de si génial à vouloir retourner travailler.

De retour en France, j’étais pleine d’espoir, persuadée que si j’avais réussi cette course d’obstacles, tout était possible. Tel est l’optimisme que j’essaie de cultiver aujourd’hui encore dans ce climat économique morose et triste.

Pour preuve de cet enthousiasme, je viens de lancer mon site Tout Droit Tout Simple qui propose des articles de blog, des interviews, des vidéos à l’attention des étudiants et jeunes juristes ; il leur donne des clefs pour :

  • décoder le monde de l’entreprise et des cabinets d’avocats,
  • prendre conscience des compétences attendues dans les organisations,
  • bénéficier de conseils,
  • assister à des webinaires
  • participer à des ateliers de réflexion etc.

A bientôt donc!

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